Avancées de la recherche

Découverte d'une nouvelle voie de signalisation favorisant la réparation de la myéline

Stimuler les cellules responsables de la réparation de la myéline pour restaurer les fonctions perdues, c’est tout l’enjeu des recherches du docteur Wojciech Krezel et de son équipe, à Illkirch. Ses travaux, financés par France Sclérose en Plaques en 2024, viennent d’être publiés dans la revue scientifique Glia.

Découverte d'une nouvelle voie de signalisation favorisant la réparation de la myéline

La remyélinisation est un défi majeur dans la lutte contre la sclérose en plaques. La différenciation et le recrutement des oligodendrocytes (cellules réparatrices de la myéline) au niveau des lésions dépendent de différentes molécules et voies de signalisation, encore relativement méconnues. En effet, si des mécanismes internes de réparation existent, leur efficacité diminue avec l’âge et la progression de la maladie.

Mieux comprendre la biologie des oligodendrocytes 

L’objectif majeur de ce projet était d’identifier et de caractériser différents facteurs intervenant dans la différenciation et la maturation des oligodendrocytes. En effet, pour que ces derniers puissent réparer la gaine de myéline de manière efficace, ils doivent passer par plusieurs étapes de transformation.

L’équipe du docteur Krezel souhaitait également étudier la régulation de ces facteurs chez des patients plus âgés, avec pour objectif de déterminer la pertinence fonctionnelle de ces facteurs dans la remyélinisation.

Une protéine au coeur de la remyélinisation

Les recherches du docteur Krezel et son équipe ont permis d’identifier une protéine en particulier, un récepteur membranaire appelé RXRγ. Dans un premier temps, ces travaux ont mis en évidence le fait que ce récepteur est presque totalement absent dans les lésions anciennes des patients SEP, alors qu’il est fortement présent dans les zones en cours de réparation. Cette absence de RXRγ pourrait expliquer pourquoi la myéline ne parvient pas à se réparer au niveau de certaines lésions.

Dans un second temps, des expériences menées sur des oligodendrocytes montrent que sans la protéine RXRy, ces cellules ne remplissent plus leur rôle de réparation de la myéline parce qu’elles ne peuvent pas se différencier en oligodendrocytes matures, capables de restaurer la myéline.

extrait de Baldassarro V. A et collègues, 2026



Extrait de Baldassarro V. A et collègues, 2026.

On observe que dans un contexte de SEP, les oligodendrocytes restent majoritairement bloqués à l’état immature, et sont donc incapables de restaurer la myéline.


Quelles avancées pour la recherche sur la SEP et les patients ?

Par leur approche génétique, le docteur Krezel et son équipe ont mis en évidence le rôle de RXRγ et de sa voie de signalisation associée à la maturation des oligodendrocytes. Cette étape étant nécessaire pour la réparation de la myéline par ces derniers, cela ouvre la voie à plusieurs perspectives :

  • la possibilité de cibler cette voie de signalisation en tant que levier thérapeutique, pour stimuler la réparation de la myéline chez les patients ;
  • une meilleure compréhension de la grande variabilité entre les différentes lésions, et des raisons pour lesquelles certaines sont réparées et d’autres non.

Certaines molécules ciblant RXRγ sont déjà utilisées en clinique dans d’autres pathologies. Cela pourrait accélérer significativement le chemin vers des essais cliniques, en évitant une partie des étapes de développement (notamment la phase de tolérance et de toxicité) d’une molécule entièrement nouvelle.

Le docteur Wojciech Krezel est spécialisé en neurologie et en biologie du développement. Chef d’équipe au sein de l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC) à Illkirch- Graffenstaden, près de Strasbourg, il concentre l’essentiel de ses travaux sur le rôle des rétinoïdes, des dérivés de la vitamine A actifs dans le développement du cerveau et son bon fonctionnement à l’âge adulte. L’un de ses projets de recherche majeurs porte sur l’optimisation de la différenciation des oligodendrocytes dans un contexte de sclérose en plaques, pour induire la remyélinisation.

L’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC) est une unité de recherche basée près de Strasbourg, qui héberge des équipes spécialisées dans la génétique, la biologie moléculaire, les neurosciences et la biologie structurale.

 

Baldassarro V. A et collègues, RXR Gamma Enables Oligodendrocyte Differentiation by Suppressing Sonic Hedgehog Signaling, Glia, juin 2026

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