Mémoire, attention, concentration, conséquences sur la vie personnelle et professionnelle… Les implications des troubles cognitifs liés à la sclérose en plaques sur la vie quotidienne sont très variées. C’est dans cette optique que l’enquête nationale COGNISEP a été lancée en octobre 2025. Découvrez ses conclusions dans cet article.

actualitéPublié le 26 août 2026
Nous vous avions sollicités, vous avez répondu ! Les troubles cognitifs dans la sclérose en plaques sont fréquents, parfois invisibles, mais avec un impact réel sur la vie quotidienne des patients. Vie quotidienne, vie professionnelle, vie sociale, autonomie, confiance en soi sont autant de domaines touchés par ces troubles, souvent sous diagnostiqués et insuffisamment pris en compte dans le parcours de soin.
C’est dans cette optique que l’équipe du docteur Myriam Cayre, directrice de recherche au Centre de Recherche en Psychologie et Neurosciences de Marseille, est à l’origine de cette étude COGNISEP, pour améliorer la reconnaissance et la prise en charge des troubles cognitifs dans la sclérose en plaques.
Les conclusions de cette étude se basent sur les réponses de plus de 1 000 participants, de tout âge, de statuts socio-professionnels différents et présentant majoritairement une forme rémittente-récurrente.
La grande majorité des répondants déclarent que leur sclérose en plaques a un impact sur leurs fonctions cognitives, d’une quelconque manière (concentration, mémorisation, attention…). Les problèmes de concentration sont les principaux troubles mentionnés par les patients, présents chez plus de la moitié des personnes interrogées. Toujours pour plus de la moitié des patients, ces troubles apparaissent généralement dès la première année post-diagnostique pour un tiers des répondants. L’équipe va plus loin, démontrant qu’un délai d’apparition rapide des symptômes est corrélé à un risque de troubles cognitifs plus important.
De plus, seulement la moitié des patients sollicités déclare avoir été évaluée par un professionnel de santé spécialisé dans les troubles cognitifs, et tout juste 16 % se sont vu proposer une prise en charge pour ses troubles. Ce manquement est dommageable, car près de 60 % des patients pris en charge déclarent ressentir une amélioration de leurs fonctions cognitives après cette prise en soin.
Si les réponses au questionnaire montrent que plus des trois quarts des répondants souffrent de fatigue physique, les fatigues cognitives et sociales sont également très présentes, étant sévèrement affectées chez plus d’un patient sur deux.
Plus généralement, les patients qui rapportent un niveau de fatigue élevé, quelle qu’elle soit, sont proportionnellement plus nombreux à présenter des troubles cognitifs. Plus le niveau de fatigue est élevé, plus les problèmes cognitifs rapportés ont tendance à être importants.
[Illustration des chiffres des fatigues, issue des données COGNISEP] : fatigue physique, fatigue psychosociale et fatigue cognitiveÀ terme, les résultats de cette étude seront utilisés pour proposer des protocoles de réadaptation et rééducation cognitives ciblés et personnalisés. En effet, près de trois quarts des patients interrogés se disent prêts à participer à une étude clinique pour évaluer les effets d’une approche non médicamenteuse de réhabilitation.
En confirmant le besoin existant de projets de recherche limitant l’impact de la SEP sur les fonctions cognitives, actuellement très fréquents chez les patients et peu pris en charge, ce questionnaire permet également de mieux choisir les critères d’inclusion pour une future étude pilote.
Derrière chaque sclérose en plaques, il y a une histoire. Patients, patientes et professionnels de santé témoignent ici de leur vécu avec la sclérose en plaques : des parcours sincères, des défis, mais aussi de l’espoir.
J’ai été diagnostiquée de la SEP à 23 ans. tout s’est un peu effondré au début, mais aujourd'hui, avec les traitements et un bon suivi, je vis quasi normalement. La maladie m’a appris à mieux écouter mon corps, à ralentir quand il le faut, et à savourer les moments où tout va bien. Je refuse de laisser la SEP définir qui je suis.
Emma
Patiente
Apprendre que j’avais une forme progressive a été un bouleversement. Ce n’est pas facile de voir mon quotidien changer petit à petit, mais j’ai appris à réinventer ma façon de vivre. Je me suis entouré d’un réseau solide, et je trouve du réconfort dans les petits progrès. Il y a des jours difficiles, bien sûr, mais je continue d’avancer, à mon rythme.
Stéphane
Patient
Être neurologue, c’est bien plus que poser un diagnostic à mes patients.
C’est les accompagner, les rassurer, les écouter.
Mon rôle, c’est d’être là, pour eux, à chaque étape.
Parce que la sclérose en plaques ne se combat pas seul : on avance ensemble, patients et soignants, avec confiance, énergie et espoir.
Renaud
Neurologue