Pendant longtemps, les formes progressives de la SEP sont restées sans solution thérapeutique efficace. Le tolébrutinib, un médicament expérimental développé par le laboratoire Sanofi pourrait changer la donne pour des milliers de patients. En effet, après l’avis scientifique favorable du Comité des Médicaments à Usage Humain (CMPH), le laboratoire attend la décision finale de l’Agence Européenne du Médicament pour une Autorisation éventuelle de Mise sur le Marché (AMM).

actualitéPublié le 18 juin 2026
Le tolébrutinib est un inhibiteur de la Tyrosine Kinase de Bruton (BTKi), une enzyme exprimée spécifiquement par les lymphocytes B et les cellules microgliales, les cellules immunitaires du cerveau. Ces deux types cellulaires sont les principaux acteurs à l’origine de l’inflammation dans le cerveau et la cause de la formation des lésions chroniques, responsables de la progression de la maladie.
La spécificité du tolébrutinib, administré par voie orale, repose dans sa capacité à traverser efficacement la barrière hémato-cérébrale, et d’agir simultanément sur les cellules microgliales ET les lymphocytes B, en ciblant avec précision l’enzyme BTK. Cette inhibition permet ainsi d’empêcher l’activation de ces cellules immunitaires, ce qui freine la neuroinflammation à l’origine de l’accumulation du handicap et la progression des lésions. En effet, il permet de bloquer les deux mécanismes majeurs responsables de la démyélinisation : l’infiltration de cellules sanguines inflammatoires, et l’activation locale du système immunitaire cérébral.
Le tolébrutinib se démarque également comme ayant un réel impact sur des patients en phase progressive secondaire de la sclérose en plaques, une première. Dans ces formes de sclérose en plaques, les poussées deviennent de plus en plus rares, mais le handicap s’installe et progresse régulièrement, de façon irréversible. Elle apparait auprès de la moitié des patients atteints d’une forme récurrente-rémittente de la maladie.
En France, plusieurs étapes sont nécessaires avant la mise sur le marché des nouveaux médicaments innovants.
Tout d’abord, au niveau européen, le laboratoire pharmaceutique soumet une autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un médicament auprès de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA). La demande est évaluée par le Comité des Médicaments à Usage Humain (CHMP) qui émet un avis scientifique dans un délai pouvant aller jusqu’à 210 jours puis entérinée par la commission européenne. La Commission européenne prend ensuite la décision finale d’approbation du médicament et délivre l’AMM. L'autorisation devient valable dans tous les États membres de l'UE simultanément.
Par la suite, en France, la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé évalue le service médical rendu (SMR) d’un médicament en 103 jours en moyenne après la soumission du dossier par le laboratoire pharmaceutique.
Si d’autres médicaments se positionnent sur la même forme de pathologie, la Commission de Transparence note également l’amélioration du service médical rendu (ASMR).
Enfin, s’ouvre une période de négociation de prix entre le laboratoire et le Comité Économique des Produits de Santé qui va courir de 6 à 12 mois en fonction des niveaux d’ASMR.
Concernant le tolébrutinib, ce dernier a reçu un avis positif du CHMP le 24 avril 2026 et attend la décision de la Commission européenne prévue pour la fin du mois.
Si le tolébrutinib a pu être utilisé en France dans le cadre d’essais cliniques, il n’est pas encore accessible à l’heure actuelle pour le grand public, étant toujours dans l’attente du verdict de la Commission de Transparence de la Haute Autorité de Santé et de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament.
Plusieurs étapes importantes sont néanmoins franchies, et permettent d'envisager avec espoir l'accès prochain au tolébrutinib pour les patients atteints d'une forme secondairement progressive de la sclérose en plaques.
Sources :
Derrière chaque sclérose en plaques, il y a une histoire. Patients, patientes et professionnels de santé témoignent ici de leur vécu avec la sclérose en plaques : des parcours sincères, des défis, mais aussi de l’espoir.
J’ai été diagnostiquée de la SEP à 23 ans. tout s’est un peu effondré au début, mais aujourd'hui, avec les traitements et un bon suivi, je vis quasi normalement. La maladie m’a appris à mieux écouter mon corps, à ralentir quand il le faut, et à savourer les moments où tout va bien. Je refuse de laisser la SEP définir qui je suis.
Emma
Patiente
Apprendre que j’avais une forme progressive a été un bouleversement. Ce n’est pas facile de voir mon quotidien changer petit à petit, mais j’ai appris à réinventer ma façon de vivre. Je me suis entouré d’un réseau solide, et je trouve du réconfort dans les petits progrès. Il y a des jours difficiles, bien sûr, mais je continue d’avancer, à mon rythme.
Stéphane
Patient
Être neurologue, c’est bien plus que poser un diagnostic à mes patients.
C’est les accompagner, les rassurer, les écouter.
Mon rôle, c’est d’être là, pour eux, à chaque étape.
Parce que la sclérose en plaques ne se combat pas seul : on avance ensemble, patients et soignants, avec confiance, énergie et espoir.
Renaud
Neurologue