Avancées de la recherche

Vitamine D et exposition au soleil : différences liées au sexe

Les auteurs d’une revue en date d’octobre 2025* font un tour d’horizon sur les données publiées ces dernières années concernant les différences liées au sexe et influençant la susceptibilité à la SEP et son évolution.

Vitamine D et exposition au soleil : différences liées au sexe

Les facteurs de mode de vie influençant la susceptibilité

Plusieurs facteurs liés au mode de vie, comme la carence en vitamine D et l’exposition aux rayonnements ultraviolets (UVR), pourraient contribuer à la susceptibilité à la sclérose en plaques de manière spécifique selon le sexe.

La carence en vitamine D et la faible exposition au soleil ont été identifiées comme des facteurs de risque de la SEP. La vitamine D, également obtenue par l’alimentation, a montré qu’elle réduisait le risque de SEP, en particulier chez les individus à peau claire, tandis que l’exposition solaire, était associée au risque de SEP chez les personnes à la peau foncée et les hispaniques. Une alimentation riche en poissons gras, source naturelle de vitamine D, a également été associée à un risque plus faible de SEP chez les personnes ayant une exposition solaire limitée.

Concernant les effets spécifiques au sexe, des niveaux circulants plus élevés de vitamine D ont été associés à une incidence plus faible de SEP chez les femmes.

Chez les personnes atteintes de SEP et les individus sains, la vitamine D3 a montré des effets immunomodulateurs plus forts chez les femmes que chez les hommes. On pense que les œstrogènes contribuent à l’accumulation de vitamine D et en augmentant l’expression du récepteur de la vitamine D dans le SNC, entraînant un effet anti-inflammatoire plus puissant.

L’exposition au soleil a également montré une réduction du risque de SEP plus importante chez les femmes que chez les hommes. Chez les enfants, un temps plus important passé à l’extérieur était associé à un risque réduit de SEP à début pédiatrique, mais les différences selon le sexe n’ont pas été évaluées. Par ailleurs, les UV semblent être impliqués dans la production d’hormones sexuelles, avec un impact possible sur les changements immunologiques.

Les différences liées au sexe dans les facteurs de mode de vie influençant l'évolution de la maladie

Des études cliniques ont exploré la relation entre le statut en vitamine D, l’exposition au soleil et la progression du handicap dans la SEP.

Les études observationnelles chez l’homme ont systématiquement lié des niveaux sériques plus élevés de 25(OH)D (vitamine D) à une progression du handicap plus lente, à une perte de volume cérébral moindre et à un taux de poussées réduit, tandis que la carence en vitamine D a été indépendamment associée à des scores de handicap physique et cognitif (EDSS et MSSS) plus élevés. Les variations saisonnières dans l’apparition des poussées, avec des pics en hiver, renforcent l’influence du statut en vitamine D sur l’activité de la maladie. Les données récentes confirment que la supplémentation en vitamine D a produit des réductions modestes mais significatives de la progression du handicap, des poussées et de la formation de nouvelles lésions à l’IRM.

Conclusion

En résumé, les facteurs environnementaux comme la carence en vitamine D et l’exposition aux rayons ultraviolets interagissent avec des voies biologiques liées au sexe pour influencer le risque de sclérose en plaques.

On notera également que les femmes bénéficient davantage de l’effet protecteur de la vitamine D et de l’exposition aux UV.

 

*Source : Sex-related differences in lifestyle factors affecting Multiple Sclerosis susceptibility and disease progression. Elena Barbuti et collaborateurs, Italie, Brain Sciences, octobre 2025

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