Même si les symptômes de la sclérose en plaques ne sont pas foncièrement différents entre les hommes et les femmes, il existe des spécificités liées au sexe dans la susceptibilité (apparition de la maladie), l’activité, l’évolution et le pronostic de la sclérose en plaques. Un écart entre les sexes qui se serait accentué au cours du siècle dernier, influencé par des facteurs biologiques mais aussi de modes de vie. Comprendre ces différences est essentiel pour développer des stratégies thérapeutiques individualisées, efficaces et plus sûres.

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire auto-immune chronique du système nerveux central (cerveau, moelle épinière et nerfs optiques) qui touche majoritairement les jeunes adultes, et plus particulièrement les femmes.
Les symptômes varient considérablement d’un individu à l’autre mais également selon le stade de la maladie, pouvant aller, par exemple, de troubles moteurs ou cognitifs, à des problèmes de vision ou de coordination.
Alors qu’il n'existe actuellement aucun traitement pour guérir la SEP, les recherches continuent pour comprendre cette maladie complexe et améliorer la prise en charge et le quotidien des patients.
La SEP touche environ 2,8 millions de personnes dans le monde et 140 000 en France. Un chiffre en hausse régulière : chaque année, on note environ 6 000 nouveaux cas par an sur le territoire français.
D'après les études réalisées depuis 2000, cette augmentation affecte surtout les femmes. Celles-ci sont en effet trois fois plus touchées par cette maladie que les hommes. Ainsi, en 2022, 72 % des personnes atteintes par la sclérose en plaques étaient des femmes. Cette tendance serait possiblement liée à l’évolution des modes de vie (tabac, obésité, contraception hormonale) et à un meilleur accès au diagnostic.
Les symptômes de la sclérose en plaques varient considérablement d’un individu à l’autre mais aussi chez une même personne, pouvant évoluer de manière inattendue au fil du temps, selon la phase de la maladie. Ils dépendent de la zone touchée (cerveau, moelle épinière, nerfs optiques) par les lésions de la sclérose en plaques.
Ils peuvent être visibles ou invisibles et prendre la forme de :
Une enquête européenne sur les symptômes de la SEP et leurs impacts a été menée en 2024 par la fondation ARSEP dans 22 pays européens (Belgique, Croatie, République tchèque, Danemark, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Serbie, Slovénie, Espagne, et Suisse) auprès de 17 151 personnes atteintes.
D’après cette enquête, il apparaît qu’il n’y a pas de grande différence de symptômes ni de troubles entre les hommes et les femmes mais que certains symptômes sont plus fréquents chez les femmes. Parmi ceux-là figurent :
À l’inverse, les troubles urinaires, les troubles de la mobilité et, les tremblements sont, eux, plus fréquents chez les hommes.
Les différences liées au sexe dans l’apparition de la maladie et son évolution sont régulièrement rapportées et d’après un article datant d'octobre 2025, l’écart entre les sexes s’est accentué au cours du siècle dernier. Ces différences seraient le résultat à la fois de facteurs à la fois biologiques (génétiques, épigénétiques et hormonaux) des modes de vie homme / femme (exposition à des facteurs environnementaux, habitudes quotidiennes, comportements et activités associés au genre, etc.).
Plusieurs facteurs de risque environnementaux et infectieux mais aussi liés au mode de vie, comme le tabagisme, l’obésité, la carence en vitamine D, l’exposition aux rayonnements ultraviolets (UVR) ainsi que l’infection par le virus d'Epstein Barr (EBV, responsable de la mononucléose) pourraient contribuer à la susceptibilité à la sclérose en plaques, de manière spécifique selon le sexe.
Ainsi, les femmes semblent plus sensibles aux effets pathogènes du tabagisme et de l’obésité, mais bénéficient davantage de l’effet protecteur de la vitamine D et de l’exposition aux UV. Les réponses immunitaires au virus d'Epstein Barr sont également modulées de manière spécifique au sexe.
Des facteurs hormonaux peuvent également jouer dans la survenue de la maladie. Par exemple, la hausse des niveaux d’œstrogènes pourrait expliquer l’augmentation spécifique du risque de SEP après la puberté, chez le sexe féminin.
Les femmes et les hommes atteints de la SEP présentent des différences marquées dans l’évolution de la maladie, en termes d’activité et de progression, et montrent des caractéristiques distinctes à l’IRM.
Ainsi, les femmes ont tendance à présenter :
A l’inverse, les troubles urinaires, les troubles de la mobilité, les tremblements sont, eux, plus fréquents chez les hommes.
Les hommes, eux, sont plus susceptibles de développer :
Comme pour l’apparition de la maladie, ces différences sont influencées à la fois par des facteurs génétiques (hormones sexuelles) et d’autres liés aux modes de vie spécifiques au sexe (tels que le tabagisme et la pollution de l’air, l’obésité, la vitamine D et l’exposition au soleil, le microbiote et l’alimentation, l’éducation).
Des facteurs hormonaux peuvent également jouer dans la survenue de la maladie. Par exemple, l’augmentation des niveaux d’œstrogènes pourrait expliquer l’augmentation spécifique du risque de SEP après la puberté, chez le sexe féminin.
Les hormones sexuelles féminines (œstrogènes) pourraient être susceptibles de moduler l’évolution de la maladie grâce à leurs propriétés immunologiques, pro-myélinisantes et neuroprotectrices.
De même, la testostérone (hormone sexuelle masculine) pourrait jouer un rôle protecteur contre l’inflammation dans la SEP.
Ainsi, les hormones sexuelles ont été envisagées comme de possibles traitements de fond de la SEP, pour certains aspects de la maladie. Les études cliniques menées jusqu’à présent montrent des résultats encourageants. Toutefois, d’autres recherches sont nécessaires pour confirmer ces effets et déterminer les meilleures modalités de traitement.
Les différences liées au sexe méritent d’être prises en compte dans les futurs essais cliniques pour adapter les traitements aux spécificités biologiques des patients, hommes et femmes et ouvrir de nouvelles stratégies thérapeutiques.
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