Chez les personnes atteintes de SEP à début tardif, le choix du traitement dès le diagnostic est déterminant. Une étude soutenue par France Sclérose en Plaques, menée par le Pr N. Collongues à Strasbourg, montre qu’une stratégie thérapeutique intensive d’emblée pourrait mieux contrôler l’activité inflammatoire de la maladie et réduire les poussées, sans augmenter les risques. Des résultats prometteurs pour une prise en charge plus précoce, personnalisée et efficace après 50 ans.

actualitéPublié le 07 avril 2026
Contexte :
Maladie auto-immune complexe, la sclérose en plaques se manifeste par une réaction inflammatoire au niveau du système nerveux central au cours de laquelle le système immunitaire s’attaque à la myéline, l'enveloppe protectrice des neurones. L’altération de cette gaine de myéline perturbe alors la transmission des informations entre les cellules nerveuses et entraîne l’apparition de lésions au niveau du cerveau.
La réparation de la myéline est un processus fortement altéré chez les patients atteints de la sclérose en plaques, conduisant à la progression du handicap.
Chez certains patients, la sclérose en plaques peut se déclencher de manière différée, après cinquante ans. On parle alors de sclérose en plaques à début tardif.
Objectifs du projet :
Aujourd’hui, il existe deux stratégies de traitement principales pour les patients touchés par une sclérose en plaques à début tardif. La première stratégie, dite d’escalade, consiste à commencer par des médicaments d’efficacité modérée puis à augmenter la dose si la maladie progresse. Dans la seconde stratégie, appelée induction, il s’agit d’utiliser dès le départ des traitements très efficaces mais aussi très immunosuppresseurs.
L’objectif principal de cette étude était de comparer l’évolution de la maladie, notamment la survenue des poussées et les signes d’activité inflammatoire, chez les patients selon leur type de traitement.
Le porteur du projet de recherche
Le professeur Nicolas Collongues est neurologue et maître de conférences au Centre d’investigation clinique pluri-thématique (CIC-P) de Strasbourg. Membre du Collège des enseignants de pharmacothérapeutique et du Bureau national des centres d’investigation clinique, il est également intégré au sein d’une équipe de recherche, « Biopathologie de la myéline, neuroprotection et stratégies thérapeutiques », dirigée par le professeur Ayikoé Guy Mensah-Nyagan. Ses recherches sont orientées autour du développement de nouvelles molécules neuroprotectrices et remyélinisantes dans les différentes maladies neurologiques.
Impliqué dans plusieurs essais cliniques et projets translationnels, le professeur Collongues s’est spécialisé dans la lutte contre les maladies auto-immunes du système nerveux et l’identification de biomarqueurs diagnostiques et prognostiques.
Il a par ailleurs obtenu plusieurs financements pour des projets de recherche diagnostiques et thérapeutiques translationnels en neurologie.
L’équipe du centre de recherche
Le professeur Collongues évolue également au sein du Centre d’investigation clinique pluri-thématique (CIC-P) de Strasbourg, une plateforme rattachée aux hôpitaux universitaires de Strasbourg. Le CIC-P s’inscrit dans la recherche translationnelle, c’est-à-dire le passage des découvertes scientifiques vers des applications concrètes pour les patients, et aide au montage et à la réalisation des différents essais cliniques et de projets thérapeutiques variés.
Résultats obtenus
Les résultats obtenus par l’équipe du professeur Collongues ont permis plusieurs avancées. Ils montrent notamment que les patients traités d’emblée avec des traitements très efficaces ont moins de poussées que ceux traités par escalade. La stratégie d’induction semble donc mieux contrôler l’activité inflammatoire de la maladie, sans rajouter de risque infectieux lié aux immunosuppresseurs. De plus, les deux stratégies thérapeutiques semblent équivalentes concernant la progression du handicap chez les patients.
Quelles avancées pour la sclérose en plaques et les patients ?
Ces résultats suggèrent qu’un traitement plus intensif dès le début de la prise en charge de la maladie pourrait améliorer le pronostic des patients atteints d’une sclérose en plaques à déclenchement tardif.
Très concrètement, pour les patients, cela signifie :
Si le choix de la stratégie thérapeutique doit rester individualisé selon le profil du patient, chez les patients atteints d’une sclérose en plaques après 50 ans, une stratégie d’induction (traitements très efficaces d’emblée) semble mieux contrôler l’activité de la maladie que l’escalade, notamment en réduisant les poussées.
Derrière chaque sclérose en plaques, il y a une histoire. Patients, patientes et professionnels de santé témoignent ici de leur vécu avec la sclérose en plaques : des parcours sincères, des défis, mais aussi de l’espoir.
J’ai été diagnostiquée de la SEP à 23 ans. tout s’est un peu effondré au début, mais aujourd'hui, avec les traitements et un bon suivi, je vis quasi normalement. La maladie m’a appris à mieux écouter mon corps, à ralentir quand il le faut, et à savourer les moments où tout va bien. Je refuse de laisser la SEP définir qui je suis.
Emma
Patiente
Apprendre que j’avais une forme progressive a été un bouleversement. Ce n’est pas facile de voir mon quotidien changer petit à petit, mais j’ai appris à réinventer ma façon de vivre. Je me suis entouré d’un réseau solide, et je trouve du réconfort dans les petits progrès. Il y a des jours difficiles, bien sûr, mais je continue d’avancer, à mon rythme.
Stéphane
Patient
Être neurologue, c’est bien plus que poser un diagnostic à mes patients.
C’est les accompagner, les rassurer, les écouter.
Mon rôle, c’est d’être là, pour eux, à chaque étape.
Parce que la sclérose en plaques ne se combat pas seul : on avance ensemble, patients et soignants, avec confiance, énergie et espoir.
Renaud
Neurologue