Avancées de la recherche

Mieux voir pour mieux soigner : les progrès d’une équipe marseillaise

Rendre observable l’invisible, rendre mesurable ce qui était encore récemment inaccessible : c’est tout l’enjeu des avancées de la recherche en imagerie dans la sclérose en plaques du docteur Virginie Callot et de son équipe, à Marseille.

Mieux voir pour mieux soigner : les progrès d’une équipe marseillaise

L'imagerie : uns stratégie médicale au cœur de la lutte contre la SEP

Si certaines lésions causées par la sclérose en plaques sont détectables grâce à des stratégies d’imagerie par résonnance magnétique (IRM), d’autres restent difficiles à identifier. Chaque progrès technologique offre ainsi une opportunité nouvelle de percer les mécanismes de progression de la maladie, d’évaluer plus finement les dommages causés, mais également d’ouvrir la voie à des traitements plus adaptés à chaque patient, selon la sévérité et la localisation des lésions.

C’est dans cette optique que le docteur Virginie Callot et son équipe de recherche, basée au Centre de résonance magnétique biologique et médicale (CRMBM) de Marseille, se concentrent sur le développement et le perfectionnement d’approches permettant de caractériser de manière non invasive les tissus de la moelle épinière.
Ses travaux récents, soutenus par France Sclérose en Plaques et récompensés par le prix de la présentation 2025 du congrès scientifique annuel de la fondation, viennent d’être publiés dans la revue scientifique prestigieuse Investigative Radiology.

Localiser et mesurer : une double approche nécessaire

Ces travaux combinent deux stratégies d’imagerie, une IRM à 7 Tesla (très haute résolution) et la cartographie quantitative T1 (capable de détecter la teneur en myéline), pour mieux caractériser les lésions de la moelle épinière dans la sclérose en plaques, distinguant notamment celles situées dans la substance blanche de celles situées dans la substance grise. La cartographie quantitative T1 offre un complément d’information directement intégré à l’IRM. Si l’IRM 7T permet de localiser précisément les lésions, y compris certaines jusqu’alors invisibles, le T1 renseigne sur le degré d’endommagement réel du tissu, reflétant son état dans l’organisme.

Concrètement, pour les patients touchés par la SEP, cela apporte plusieurs avantages :

  • une anticipation de la progression de la sclérose en plaques, avec une détection plus fine des dommages avant même l’apparition des symptômes,
  • un suivi plus personnalisé de la maladie,
  • une meilleure évaluation de l’efficacité des traitements,
  • une meilleure compréhension des symptômes, permettant ainsi d’expliquer une progression de la maladie par ces lésions jusqu’alors invisibles.

« Mieux voir les lésions, c’est mieux les comprendre, et mieux les comprendre, c’est mieux les prendre en charge ».

Laines-Medina, Callot, Virginie et collègues : « White and Gray Matter Multiple Sclerosis Spinal Cord Lesion Characteristics and Individualized Tissue Damage Assessment Using 7 T T1 Mapping », Investigative Radiology, avril 2026.

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Ils témoignent

Derrière chaque sclérose en plaques, il y a une histoire. Patients, patientes et professionnels de santé témoignent ici de leur vécu avec la sclérose en plaques : des parcours sincères, des défis, mais aussi de l’espoir.

J’ai été diagnostiquée de la SEP à 23 ans. tout s’est un peu effondré au début, mais aujourd'hui, avec les traitements et un bon suivi, je vis quasi normalement. La maladie m’a appris à mieux écouter mon corps, à ralentir quand il le faut, et à savourer les moments où tout va bien. Je refuse de laisser la SEP définir qui je suis.

Emma
Patiente

Apprendre que j’avais une forme progressive a été un bouleversement. Ce n’est pas facile de voir mon quotidien changer petit à petit, mais j’ai appris à réinventer ma façon de vivre. Je me suis entouré d’un réseau solide, et je trouve du réconfort dans les petits progrès. Il y a des jours difficiles, bien sûr, mais je continue d’avancer, à mon rythme.

Stéphane
Patient

Être neurologue, c’est bien plus que poser un diagnostic à mes patients.
C’est les accompagner, les rassurer, les écouter.
Mon rôle, c’est d’être là, pour eux, à chaque étape.
Parce que la sclérose en plaques ne se combat pas seul : on avance ensemble, patients et soignants, avec confiance, énergie et espoir.

Renaud
Neurologue