Et si l’on pouvait mieux visualiser les lésions liées à la sclérose en plaques, tout en simplifiant l’examen pour les patients ? C’est l’ambition du projet porté par le Dr Virginie Callot, directrice de recherche au Centre de Résonance Magnétique Biologique et Médicale (CRMBM) à Marseille.

actualitéPublié le 01 octobre 2026
Avec des équipes de recherche françaises et internationales, elle souhaite développer une approche permettant d’explorer le cerveau et la moelle épinière cervicale au cours d’un même examen d’IRM à ultra-haut champ (7 Tesla).
Un projet innovant, sélectionné pour son excellence scientifique par France Sclérose en Plaques, mais qui est encore aujourd’hui en attente de financement.
Votre soutien peut nous aider à le rendre possible.
Aujourd’hui, l’IRM est l’outil principal pour diagnostiquer et suivre la sclérose en plaques.
Cependant, les techniques actuelles ne permettent pas toujours une évaluation suffisamment complète et sensible de l’ensemble des atteintes du système nerveux central. Certaines lésions de la substance grise, qui jouent pourtant un rôle important dans la progression de la maladie et l’accumulation du handicap, peuvent notamment être difficiles à détecter.
L’IRM à ultra-haut champ, dite IRM 7 Tesla ou 7T, offre une résolution supérieure à celle des IRM classiques et permet de mieux détecter certaines de ces lésions.
Mais son utilisation présente encore des limites.
À ce jour, il n’est notamment pas possible de réaliser une imagerie de l’ensemble du cerveau et de la moelle épinière cervicale au cours d’un même examen. Les patients doivent alors passer deux examens différents.
Par ailleurs, l’accès à cette technologie reste encore limité sur le territoire.
Pour répondre à ces limites, le Dr Virginie Callot porte un projet collaboratif réunissant plusieurs grands centres de recherche français, à Marseille, Lille, Paris et Poitiers, ainsi qu’une équipe internationale à Montréal.
Leur objectif : développer un système permettant de réaliser l’imagerie anatomique et quantitative du cerveau et de la moelle épinière cervicale au cours d’un seul et même examen, tout en harmonisant les protocoles d’acquisition en IRM 7T entre les différents centres.
Si cette approche atteint ses objectifs, elle pourrait permettre de caractériser plus rapidement et plus précisément certaines lésions et les dommages tissulaires associés, afin de contribuer à une prise en charge mieux adaptée aux besoins de chaque patient.
Réunir l’exploration du cerveau et de la moelle épinière cervicale en une seule séance pourrait également rendre l’examen plus confortable pour les patients, en évitant deux examens distincts, et faciliter son accès.
Les chercheurs souhaitent par ailleurs optimiser et harmoniser les protocoles de détection des lésions sur les équipements existants.
À plus long terme, ces technologies d’imagerie pourraient également jouer un rôle important dans la facilitation des essais cliniques consacrés à la protection et à la réparation de la myéline, en permettant notamment de mieux visualiser la remyélinisation.
Chaque année, France Sclérose en Plaques lance des appels à projets afin de soutenir une recherche d’excellence.
Les projets soumis sont évalués par le comité médico-scientifique de la Fondation, composé de cliniciens et de chercheurs français et européens, ainsi que par des experts internationaux indépendants. Leur pertinence scientifique, la qualité des équipes et les bénéfices potentiels pour les personnes touchées par la sclérose en plaques ou une maladie apparentée font notamment partie des critères étudiés.
En 2026, nos différents appels à projets ont reçu plus de 80 candidatures et France Sclérose en Plaques a pu financer 33 projets, pour un montant de plus de 3 millions d’euros.
Dans le cadre de l’appel à projets « Émergence », destiné à accompagner pendant trois ans la constitution d’un réseau national ou international autour d’une nouvelle technologie, deux projets ont été jugés d’un niveau exceptionnel.
Mais les fonds dont nous disposons actuellement ne nous permettent pas de financer les deux.
Le projet du Dr Virginie Callot est donc aujourd’hui en attente de financement.
Soutenir ce projet, c’est nous aider à donner aux chercheurs les moyens de développer une technologie d’imagerie plus précise pour mieux comprendre et détecter les atteintes liées à la sclérose en plaques.
« Il est important de privilégier le suivi individuel des patients et la caractérisation des atteintes à un stade précoce de la maladie. Nous sommes très confiants quant à la possibilité de mieux explorer la moelle épinière des patients touchés par la sclérose en plaques, grâce aux stratégies développées au laboratoire. »
Le Dr Virginie Callot souligne également que le soutien des donateurs de la fondation permettrait à son équipe de déployer ces stratégies dans le cadre de cette étude.
Derrière chaque sclérose en plaques, il y a une histoire. Patients, patientes et professionnels de santé témoignent ici de leur vécu avec la sclérose en plaques : des parcours sincères, des défis, mais aussi de l’espoir.
J’ai été diagnostiquée de la SEP à 23 ans. tout s’est un peu effondré au début, mais aujourd'hui, avec les traitements et un bon suivi, je vis quasi normalement. La maladie m’a appris à mieux écouter mon corps, à ralentir quand il le faut, et à savourer les moments où tout va bien. Je refuse de laisser la SEP définir qui je suis.
Emma
Patiente
Apprendre que j’avais une forme progressive a été un bouleversement. Ce n’est pas facile de voir mon quotidien changer petit à petit, mais j’ai appris à réinventer ma façon de vivre. Je me suis entouré d’un réseau solide, et je trouve du réconfort dans les petits progrès. Il y a des jours difficiles, bien sûr, mais je continue d’avancer, à mon rythme.
Stéphane
Patient
Être neurologue, c’est bien plus que poser un diagnostic à mes patients.
C’est les accompagner, les rassurer, les écouter.
Mon rôle, c’est d’être là, pour eux, à chaque étape.
Parce que la sclérose en plaques ne se combat pas seul : on avance ensemble, patients et soignants, avec confiance, énergie et espoir.
Renaud
Neurologue