Avancées de la recherche

Victor Valcarcel Hernandez récompensé pour ses recherches sur la SEP

Lors du Congrès Scientifique 2026 de France Sclérose en Plaques et de la Société Française de Neurologie, Victor Valcarcel Hernandez a reçu le Prix de la meilleure présentation orale pour ses recherches sur le lien entre pollution environnementale, myéline et SEP. Une récompense qui met en lumière les avancées de la recherche française.

Victor Valcarcel Hernandez récompensé pour ses recherches sur la SEP

SEP : étudier sur le long terme les conséquences de la pollution environnementale sur la myéline

Victor Valcarcel Hernandez, postdoctorant au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris, est le lauréat du Prix de la meilleure présentation orale lors du Congrès Scientifique 2026 de France Sclérose en Plaques, co-organisé cette année avec la Société Française de Neurologie.
Il nous présente ses recherches sur l'impact des polluants éternels (PFAS) sur l'intégrité de la gaine de myéline.

Découvrez le parcours de Victor Valcarcel Hernandez, les objectifs de son projet et les espoirs qu'il suscite pour tendre vers une meilleure identification des facteurs de risque à l'origine de la maladie.

Pouvez-vous nous présenter votre projet de recherche en quelques mots ?

Victor Valcarcel Hernandez : Les PFAS (aussi appelés polluants éternels) sont présents partout dans notre environnement quotidien et sont suspectés d’induire des altérations du cerveau. Nous avons montré que ces PFAS s'accumulent dans la gaine de myéline qui entoure les prolongements des neurones d'un manchon protecteur, assurant notamment la transmission du signal nerveux.
Notre hypothèse est que les PFAS altèrent la fonction de cette myéline, en déstabilisant sa structure. Nous étudions ainsi les conséquences d'une exposition précoce aux PFAS, notamment lors du développement périnatal, sur les processus de myélinisation et de remyélinisation.

Quels sont les principaux objectifs de votre projet ?

Victor Valcarcel Hernandez : notre premier objectif est d'étudier comment l'exposition aux PFAS peut modifier la production de nouveaux oligodendrocytes, les cellules qui produisent la myéline dans le système nerveux central. Dans un second temps, nous chercherons à évaluer si l'exposition aux PFAS au début de la vie augmente la susceptibilité de développer des lésions démyélinisantes chez l’adulte, puis d'étudier comment la présence des PFAS dans la myéline peut modifier les propriétés biophysiques de celle-ci. Enfin, nous comparerons les niveaux de PFAS dans le cerveau des patients atteints de SEP avec ceux retrouvés chez des sujets sains.

Quel impact votre recherche pourrait-elle avoir à terme pour les patients atteints de SEP ?

Victor Valcarcel Hernandez : Nos travaux pourraient aider à identifier des facteurs environnementaux susceptibles d’augmenter la fragilité de la myéline, de favoriser sa dégradation et/ou de limiter sa réparation. L’objectif n’est pas de proposer directement un nouveau traitement, mais d’identifier des éléments qui pourraient expliquer pourquoi certains patients récupèrent moins bien que d’autres après une atteinte de la myéline.

Que signifie pour vous le fait que votre travail soit reconnu à travers ce prix ?

Victor Valcarcel Hernandez : Je suis très honoré de recevoir ce prix. C’est d’abord une reconnaissance très importante pour moi, pour mon travail. Mais c’est aussi une valorisation du travail collectif au sein de l’équipe et avec nos collaborateurs.

Quel regard portez-vous sur votre parcours de jeune chercheur aujourd’hui ?

Victor Valcarcel Hernandez : Comme l’a dit Santiago Cajal, l'un des pères de la neuroscience et prix Nobel de médecine en 1906, je me considère comme un ouvrier de la science. Mon parcours s’est construit progressivement et se construit encore jour après jour. Pour moi, il repose sur la persévérance et la rigueur scientifique. La science est faite d’essais, de doutes et d’erreurs : il faut continuer, se relever après les échecs et aller toujours plus loin dans la quête de la connaissance. En tout cas, je me sens aujourd’hui très privilégié de pouvoir mener ce travail, de bénéficier de l’opportunité d’interagir non seulement avec une équipe merveilleuse, mais aussi avec de nombreux autres acteurs de la recherche. C’est un voyage très enrichissant.

Quels sont vos espoirs pour l’avenir de la recherche dans votre domaine ?

Victor Valcarcel Hernandez : J’espère que la recherche dans mon domaine permettra de mieux comprendre l'influence des facteurs environnementaux dans le développement et/ou la progression de la SEP. De plus, j'espère que nous comprendrons pourquoi la capacité de réparation de la myéline varie d’un patient à l’autre, et comment certains facteurs, notamment environnementaux, peuvent influencer ces différences entre les patients.

Si vous deviez décrire votre projet ou votre engagement en une phrase, ce serait… ?

Victor Valcarcel Hernandez : Mon engagement est de mieux comprendre les liens entre pollution environnementale, fonction de la myéline et sclérose en plaques, afin de contribuer à une recherche utile et ce, au bénéfice du patient.

LIRE L'ARTICLE SUR LE CONGRÈS SCIENTIFIQUE 2026

Partenaires de ce congrès : Sanofi, Roche, Neuraxpharm, Biogen et Juvisé Pharmaceuticals.

Ils témoignent

Derrière chaque sclérose en plaques, il y a une histoire. Patients, patientes et professionnels de santé témoignent ici de leur vécu avec la sclérose en plaques : des parcours sincères, des défis, mais aussi de l’espoir.

J’ai été diagnostiquée de la SEP à 23 ans. tout s’est un peu effondré au début, mais aujourd'hui, avec les traitements et un bon suivi, je vis quasi normalement. La maladie m’a appris à mieux écouter mon corps, à ralentir quand il le faut, et à savourer les moments où tout va bien. Je refuse de laisser la SEP définir qui je suis.

Emma
Patiente

Apprendre que j’avais une forme progressive a été un bouleversement. Ce n’est pas facile de voir mon quotidien changer petit à petit, mais j’ai appris à réinventer ma façon de vivre. Je me suis entouré d’un réseau solide, et je trouve du réconfort dans les petits progrès. Il y a des jours difficiles, bien sûr, mais je continue d’avancer, à mon rythme.

Stéphane
Patient

Être neurologue, c’est bien plus que poser un diagnostic à mes patients.
C’est les accompagner, les rassurer, les écouter.
Mon rôle, c’est d’être là, pour eux, à chaque étape.
Parce que la sclérose en plaques ne se combat pas seul : on avance ensemble, patients et soignants, avec confiance, énergie et espoir.

Renaud
Neurologue