Avancées de la recherche

Nouvelle technique d’imagerie non-invasive pour accéder aux neurones

Passer par l’œil, c’est la proposition du docteur Elena Gofas-Salas et de son équipe, à Paris, pour mieux caractériser les réseaux neuronaux des patients atteints de SEP, avec un nouveau microscope, l’ophtalmoscope laser à balayage et à optique adaptive (AOSLO). Ce projet financé par France Sclérose en Plaques en 2024, est mis à l'honneur dans la revue scientifique Brain Communications.

Nouvelle technique d’imagerie non-invasive pour accéder aux neurones

L’inflammation joue un rôle crucial dans la SEP, mais les processus inflammatoires liés à la neurodégénérescence restent difficiles à évaluer. Grâce à de nouvelles stratégies d’imagerie, l’étude des cellules immunitaires du système nerveux central est devenue possible.

Combiner microscopie et ophtalmologie pour mieux caractériser les réseaux neuronaux

L’équipe du docteur Gofas-Salas propose une nouvelle technique d’imagerie, qui ne demande pas de chirurgie ni d'anesthésie lourde, pour accéder aux réseaux neuronaux et étudier la réponse immunitaire lors de la neurodégénérescence.

Elle suggère de passer par l’œil, qui offre un accès non invasif, grâce à un nouveau microscope : l’ophtalmoscope laser à balayage et à optique adaptive (AOSLO). La rétine étant une extension directe du système nerveux central, elle permet un point d’accès aux fibres nerveuses et une meilleure compréhension des mécanismes de la maladie. Les images obtenues permettent le visionnage et l’identification des cellules inflammatoires spécifiques aux personnes atteintes de la sclérose en plaques.

Ce projet avait un double objectif : dans un premier temps, identifier ces cellules, biomarqueurs de la sclérose en plaques, puis dans un second temps, définir si le système AOSLO peut devenir un outil précieux pour les médecins étudiant la SEP. En effet, cet outil pourrait leur permettre de mieux caractériser la progression de la maladie selon le niveau d’inflammation.

Un modèle privilégié pour étudier la neurodégénérescence

Plusieurs avancées majeures ont été faites par l’équipe du docteur Gofas-Salas. Tout d’abord, un microscope reproduisant les conditions cliniques a été construit, validé puis testé sur des patients atteints de la sclérose en plaques, ce qui a permis la constitution d’une collection de tissus rétiniens de patients. 

visuel adapté de Elena Gofas-Salas et collègues, Brain Communications 2026

Ci-contre, représentation graphique adaptée de Gofas-Salas et collègues, Brain Communications 2026.

Cette collection est essentielle pour plusieurs raisons : en disposant de tels échantillons, les chercheurs pourront croiser les caractéristiques biologiques des tissus avec l’évolution clinique du patient, afin d’identifier des marqueurs prédictifs de la progression du handicap ou de la réponse aux traitements. 

La technique d’analyse d’imagerie a été optimisée, augmentant le nombre de données exploitables sur les tissus rares, et permettant la mise en évidence d’une population de cellules immunitaires responsables de l’inflammation, appelées « lymphocytes infiltrants », au niveau de la rétine des patients. 

Quelles avancées pour la recherche sur la sclérose en plaques et les patients ?

Par leur approche translationnelle, le docteur Gofas-Salas et son équipe ont permis plusieurs avancées. Très concrètement, pour les patients, cela signifie :

  • à court terme, une meilleure compréhension de l’inflammation dans la sclérose en plaques,
  • à moyen terme, une identification de marqueurs fiables pour suivre et prédire l’évolution de la maladie,
  • à long terme, l’introduction de l’AOSLO comme un outil clinique intégré dans le suivi des patients.

Le recours à un nouveau microscope innovant, utilisable de manière non invasive, permet d’établir une meilleure caractérisation de l’inflammation des patients touchés par la SEP.

Le docteur Elena Gofas-Salas est chargée de recherche Inserm, et intégrée au sein de l’équipe « Imagerie en direct chez les patients et les cellules » de l’Institut de la vision, dirigée par le docteur Kate Grieve. Experte en microscopie, elle concentre ses recherches sur l’optimisation de mesures non invasives d’imagerie optique, pour améliorer le diagnostic et le suivi des patients.

L’Institut de la vision, intégré sur le campus des Quinze-Vingts à Paris, est l’un des principaux centres de recherche dédiés à l’étude de la vision. Spécialisé dans les maladies de l’œil, il réunit sur le même site chercheurs, médecins et patients.

Gofas-Salas E, et collègues, In vivo characterization of a retinal cellular biomarker of inflammation in multiple sclerosis., Brain Communications, Janvier 2026

Ils témoignent

Derrière chaque sclérose en plaques, il y a une histoire. Patients, patientes et professionnels de santé témoignent ici de leur vécu avec la sclérose en plaques : des parcours sincères, des défis, mais aussi de l’espoir.

J’ai été diagnostiquée de la SEP à 23 ans. tout s’est un peu effondré au début, mais aujourd'hui, avec les traitements et un bon suivi, je vis quasi normalement. La maladie m’a appris à mieux écouter mon corps, à ralentir quand il le faut, et à savourer les moments où tout va bien. Je refuse de laisser la SEP définir qui je suis.

Emma
Patiente

Apprendre que j’avais une forme progressive a été un bouleversement. Ce n’est pas facile de voir mon quotidien changer petit à petit, mais j’ai appris à réinventer ma façon de vivre. Je me suis entouré d’un réseau solide, et je trouve du réconfort dans les petits progrès. Il y a des jours difficiles, bien sûr, mais je continue d’avancer, à mon rythme.

Stéphane
Patient

Être neurologue, c’est bien plus que poser un diagnostic à mes patients.
C’est les accompagner, les rassurer, les écouter.
Mon rôle, c’est d’être là, pour eux, à chaque étape.
Parce que la sclérose en plaques ne se combat pas seul : on avance ensemble, patients et soignants, avec confiance, énergie et espoir.

Renaud
Neurologue